Anjou : Géographie

ANJOU

Géographie de l'Anjou

Géographie de l'Anjou

Géographie Physique de l'Anjou

animation

La ville d’Angers, au cœur de l’Anjou, se situe à la rencontre de deux grands ensembles géologiques qui structurent une grande partie de la France : le Massif armoricain, à l’ouest, et le Bassin parisien, à l’est.

Cette situation géographique confère à l’Anjou une grande diversité de paysages ainsi qu’un climat tempéré, à la croisée des influences océaniques et continentales. Les reliefs environnants protègent également la région des phénomènes climatiques les plus marqués, contribuant à la réputation de douceur du climat angevin.

La Maine, qui traverse Angers, est une courte rivière de seulement quelques kilomètres. Elle résulte de la confluence de trois importantes rivières – la Mayenne, la Sarthe et le Loir – avant de rejoindre la Loire. Ce grand fleuve façonne les paysages ligériens et constitue depuis toujours un axe naturel majeur pour les échanges, le commerce et le développement de la région.

Cette double influence géologique se retrouve également dans les matériaux et les paysages de l’Anjou. À l’ouest domine l’Anjou noir, aux terrains schisteux et ardoisiers issus du Massif armoricain, tandis qu’à l’est s’étend l’Anjou blanc, caractérisé par ses sols calcaires et son tuffeau provenant du Bassin parisien. Cette opposition façonne encore aujourd’hui l’architecture, les activités agricoles et l’identité des différents territoires angevins.

Géologie de la France

carte géologique france

On peut découper la France en 9 zones géologiques majeures :

  • Le Bassin Parisien, au Nord, avec ses terrains sédimentaires du Secondaire (Jurassique à Crétacé) jusqu’au Tertiaire (Oligocène à Miocène)
  • Le Massif Armoricain (ou hercynien), à l’Ouest, en Bretagne, jusqu’à Poitiers-Angers-Caen, aux roches granitiques (plutonique) anciennes et érodées.
  • Le Massif Central, séparé par le seuil du Poitou, le massif hercynien se poursuit par l’intermédiaire de ce massif ancien, dont l’activité volcanique ne s’est éteinte qu’il y a 20 000 ans seulement.
  • Le Bassin Aquitain, au Sud-Ouest, également pourvu de roches sédimentaires, est encore plus récent, puisque les sol des Landes ne date que du Quaternaire (Holocène-Pléistocène).
  • Les Pyrénées, à la frontière avec l’Espagne, cette chaîne récente s’élève, suite à une faille créée par le rapprochement de l’Afrique sur le continent Eurasien.
  • Le Sillon Rhodanien, au Sud-Est et même tout l’Est de la France est fortement modelé par ces roches sédimentaires du Secondaire, qui séparent d’une immense faille tectonique l’ancien Massif Central, de la nouvelle chaîne des Alpes.
  • Les Alpes, plus haut massif d’Europe, nous rappelle que l’activité tectonique en méditerranée est aussi élevé. L’Italie, qui fait parti de la plaque Africaine poussant sans cesse dans la plaque Eurasienne.animation tectonique plaque
  • Le Jura, en remontant le sillon Rhodanien du Rhône vers la Saône, des plis récents secondaires de cette poussée des Alpes se font même ressentir jusqu’au niveau d’une grande faille, dont une partie se poursuit vers le lac Léman et la Suisse.
  • La Forêt Noire du coté Allemand et les Vosges sur le plateau Lorrain, sont un autre ancien massif hercynien aux roches magmatiques, coupés littéralement en deux, une fois le seuil du Jura passé, de cette même faille, qui se poursuit toujours vers le Nord, jusque dans les plaines d’Alsace et le Rhin.

Le Massif Hercynien

carte hercynienL’Hercynien désigne une période d’élévation du relief (orogenèse = création de montagne) s’étalant du Dévonien (-400 Millions d’années) au Permien (-250 Millions d’années). C’est l’époque des Ammonites, des premiers poissons à écailles, des Trilobites et des Grands Amphibiens Terrestres, les ancêtres des dinosaures. Une période marqué également par au moins 2 grandes extinctions massive de la Vie (70 et 90% d’extinction).

Cette nouvelle orogénèse succède aux Cadomienne et Calédonienne et a lieu parce que le continent de Laurussia au Nord et le continent du Gondwana au Sud se rapprochent l’un de l’autre pour ne former au Carbonifère (-350 Millions d’années) qu’un unique continent : La Pangée. L’Europe du Sud et de l’Ouest émerge de l’océan grâce au rapprochement tectonique et s’éleve à la fin du Paléozoïque en une immense montagne : Le Massif Hercynien.

varisqueLe rapprochement puis le chevauchement des masses continentales du proto-Gondwana (dont la marge supérieure correspond à la Vendée actuelle), de l’Armorica (microcontinent) ainsi que la réunion de deux continent (Laurentia et Baltica : orogenèse Calédonienne) provoqueront ainsi la disparition de deux océans (Centralien et Rheïque), et est à l’origine de la surrection de plusieurs massifs européens, dont notamment les Ardennes, les Vosges, le Massif Central ou le Massif Armoricain. On appelle cette chaîne de montagne la chaîne hercynienne ou chaîne varisque.

Les Bassins Sédimentaires Européens

téthysLes roches sédimentaires du bassin Parisien se sont formés juste après, pendant toute l’Ere Secondaire (-250 M. à -65 Millions d’années), du Trias au Crétacé ; et l’Ere Tertiaire (-65 M. à -2.5 Millions d’années), de l’Oligocène au Pliocène, pour les roches situées au centre du Bassin Parisien (Orléans-Paris-Reims). Le contexte océanique de la création de ces roches sédimentaires est le même pour tous les autres bassins sédimentaires de l’Europe, car dès le Trias (245 millions d’années), le continent unique de la Pangée commence à se fracturer en morceaux pour former les continents que nous connaitrons jusqu’à aujourd’hui.

En effet, l’Océan Téthys se forme dès le début du Secondaire au niveau de l’Europe et ne cessera de grandir par la suite jusqu’à la fin du Tertiaire, où il se refermera également au niveau de l’Europe. Laissant une partie de l’Europe sous les flots tout ce temps, elle se compose d’iles (massifs hercyniens notamment) et de mers peu profondes propice à la sédimentation (calcaire par exemple).

Le Bassin Parisien, comme la plupart des autres Grands Bassins Européens, ne deviendra la terre émergée que nous connaissons, qu’à la fin du Tertiaire, lorsque l’Océan Téthys se refermera totalement de la Mer d’Aral jusqu’à la Mer Méditerranée, en passant par la Mer Noire et Caspienne. Les Grandes Glaciations successives (du Quaternaire notamment) sont aussi à l’origine de plusieurs phases d’abaissements du niveau de la mer au niveau de l’Europe. L’érosion climatique et fluviale dans la plupart des bassins sédimentaires ont donc eut le temps de façonner les vallées, collines et paysages variés que nous connaissons aujourd’hui dans tous ces grands Bassins Européens dont le Parisien fait parti.

Structure Géologique de l'Anjou

carteAngers et plus globalement l’Anjou se situe donc exactement entre deux grandes structures géologiques majeurs. Le Massif Armoricain à l’Ouest et le Bassin Parisien à l’Est. Les paysages en deviennent donc d’autant plus variés.

C’est au chevauchement de ces deux zones géologiques et créé par l’érosion, que la région de l’Anjou a été façonné. Le Centre-Ouest de la France (et c’est encore plus flagrant au niveau du Seuil du Poitou) est architecturé par l’extrême Est du Massif Armoricain, granitique pour l’essentiel, qui plonge sous les roches sédimentaires du Bassin Parisien (colmatage de roche marine) pour remonter à nouveau par dessus en formant le Massif Central.

Les roches du Bassin Parisien sont donc posé par dessus le socle granitique du Massif Hercynien dont quelques massifs comme la Bretagne et le Massif Central émergent, car moins érodés que certains autres dans leur vieille histoire. Ainsi Angers se trouvait peut être sur le littoral côtier d’une mer à l’Est (Téthys) pendant le Secondaire et le Tertiaire. Peut-être l’Anjou, constituait-elle, une région côtière à l’extrême Est de l’île de la Bretagne. Il est difficile à mon niveau de recherche d’en être certain, dans tous les cas.

L’Anjou est donc à la frontière exacte de 2 structures géologiques différentes, mais d’un point de vue géomorphologique, il faut découper l’Anjou en 3 sous-régions :

  • carte 49L’Anjou bleu (ou noir) composé de shistes ardoisiers et gréseux et de carbonifères dans le Segréen et les Mauges à l’Ouest d’Angers. On y trouve également des filons éruptifs de spilites, rhyolites, phtanites et la géologie relève plutôt du granitique (Le Domaine Ligérien, à l’extrême sud-est du Massif Armoricain).
  • L’Anjou blanche des sables et du tuffeau dans le Baugeois et le Saumurois à l’Est d’Angers, présente les caractères cette fois ci, du Bassin sédimentaire Parisien (extrême sud-ouest).
  • Enfin la vallée de la Loire elle-même constitue un territoire géologique à part entière, traversant d’Est en Ouest l’Anjou, du bassin parisien vers le massif armoricain. La Loire, fleuve resté sauvage apportant son lot de sables et graviers au gré de ses crues millénaires, constitue le trait d’union majeur entre tous les paysages de l’Anjou.

Géomorphologie et Erosion Structurelle de l'Anjou

carte géologieTout d’abord dans la région de Segré, Le Massif Armoricain plonge sous les roches sédimentaires de l’Est en suivant des lignes structuralement différenciées (des filons différents) toutes dans la même direction en provenance de la Bretagne. Ce sont des plis synclinaux qui se succèdent du Nord au Sud, en fonction des roches plus ou moins anciennes et métamorphisées. Le schiste ardoisier, roche métamorphique fait parti de ses filons. Il s’agit en fait de très anciennes roches sédimentaires (Silurien – Précambrien) totalement transformées après avoir passé un moment à Haute Température et Pression, et côtoyées les vrais massifs granitiques adjacents, qui sont eux issus des profondeurs de la Terre.

Le Sud-Ouest vers Cholet, bien que daté presque de la même époque est en fait un bout d’un ancien microcontinent (Vendée) et se comporte plus comme un massif granitique à part entière non aussi différenciés que le Nord. On appelle ce massif La Gâtine et il s’étend jusque vers la Vendée et le Marais Poitevin. Il est faillé à quelques endroits en raison de son âge avancé après avoir traversé toutes ces époques (+500 millions d’années). La faille du Layon à la limite de sa région Nord bouge encore quelques peu et a modelé une partie du Sud du département, puisque c’est par cette faille que la Maine d’abord, puis la Loire, (La Mayenne et l’Oudon semblent être les rivières les plus anciennes du département tout de même) ont réussi à se frayer un passage vers la mer.

Au Sud-Est en direction de Saumur le paysage change radicalement. Le climat plus sec et la Loire omniprésente favorise sa douceur. Le calcaire (roche à la fois dure et facilement érodable localement) a permis que subsistent quelques talus comme on le voit avec les zones en rectangle (calcaire – tuffeau) bordé des lignes en triangle (talus – falaise structurelle). Une belle falaise calcaire borde d’ailleurs toute la rive Sud de la Loire. Le château de Saumur sera installé d’ailleurs à flanc de falaise sur la Loire. La faille du layon se poursuit également jusque vers Doué la Fontaine, faisant remonter des flancs de montagne granitique.

Enfin au Nord-Est, le relief présente un peu le même caractère mais sur de plus vastes surfaces jusqu’autour des méandres du Loir au Nord et de la Loire au Sud. La géographie ressemble plus à un plateau bas calcaire comportant sur ses marges basses des roches sédimentaires plus tendres. Dans la région de Noyant, on retrouve les roches sédimentaires les plus récentes de la région (Oligocène), similaire ou presque à ceux de la Beauce vers Paris.

Rivières et Arbres de l'Anjou

carteLes rivières ont façonné le paysage de différentes manières, offrant une grande diversité de formes de vallée à l’Anjou :

  • encaissées dans le plateau des Mauges,
  • en ligne de faille, dans la vallée du Layon.
  • en « baïonnettes » à travers les coteaux ondulés du Segréen,
  • sinuant en grands méandres dans les plaines sédimentaires du Baugeois,
  • formant de grandes plaines alluviales avec l’Authion et la Loire.

Au carrefour de plusieurs influences végétatives, différentes espèces d’arbre vont se répartir en aire géographiques distinctes : 

  • A l’Est, le chêne pubescent et l’orme vont dominer
  • A l’Ouest, le chêne sessile
  • Au Nord, l’hêtre et le chêne tauzin
  • Au Sud-Est, le chêne chevelu
  • Dans la vallée de la Loire, le frêne oxyphylle
  • Un peu partout ailleurs le chêne pédonculé

Relief et Topographie de l'Anjou

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Le relief est bien sûr dépendant de la structure géologique et de l’érosion au cours des Ages. On retrouve donc bien sûr les zones géographiques citées avant. Quelques mots tout de même sur la topographie :

Les points culminants du Maine et Loire sont : Au SE de Cholet (184 m), entre Chalonnes et Beaupréau au SO (174m), Entre Saumur et Montreuil-Bellay au SE (108m), vers Pouancé au NO (104m), Aux environs de Baugé-Noyant au NE (103m). Les 4 extrémités du Maine et Loire sont donc toutes relativement plus élevées que le centre du département.

Les points bas de l’Anjou sont tous positionnées sur la Loire ou la Maine. 30 m à l’Est de Saumur, au moment où la Loire entre dans le département. 19m sur la vallée de l’Authion près de Beaufort en Vallée. 15 mètres à l’endroit où Le Loir se jette dans la Sarthe. 14 mètres lorsque c’est La Maine qui se jette dans la Loire. Plus que 12 mètres, lorsque la Loire quitte l’Anjou à l’Ouest entre Chalonnes et Ancenis.

Climatologie de l'Anjou

carteD’un point de vue climatique, une fois encore l’Anjou se trouve à la frontière entre 2 influences. L’une océanique et venant de l’Ouest. L’autre plus continentale, provenant de l’Est. La célèbre douceur angevine apaisant le froid de l’hiver et les chaleurs de l’été, est dût à cette juxtaposition de climat de nature différente, car ni totalement océanique ni totalement continentale, le climat de l’Anjou est de plus temporisé par l’influence de son fleuve.

Différentes zones climatiques peuvent tout de même être distingués :

  • Le Baugeois au Nord-Est est plutôt marqué par un climat continental (allégé) aux hivers pluvieux et aux étés secs.
  • Le Segréen et le Loire-Béconnais au Nord-Ouest sont encore sous l’influence armoricaine : douceur hivernale et été sans chaleur extrême.
  • Le Saumurois et les vallées du Layon-Lys-Aubance connaissent un climat très favorable, à la fois chaud en été, et doux en hiver et particulièrement peu pluvieux (moins de 600mm d’eau par an, soit moins qu’à Nice) et que la vigne apprécie tout particulièrement.
  • Enfin, les Mauges et le Choletais au Sud-Ouest, reçoivent un peu plus d’eau en raison du relief plus marqué mais la température et l’ensoleillement donnent à ce climat océanique, un caractère beaucoup plus méridional.

Géographie Rurale

carteA l’Ouest le paysage agraire est constitué de bocage (champs cultivés limités par des haies de feuillus et bosquets d’arbres), ce qui forme les coteaux du Segréen (dont les vergers de pommiers à cidre rappellent la proche Bretagne) et le plateau des Mauges.

A la faveur d’un micro-climat et d’un terroir unique, les coteaux de la Loire, du Layon et du Saumurois ont été conquis depuis le Moyen – Age, par des vignobles aux appellations réputées.

A l’Est, les coteaux du Baugeois bordés par les grandes forêts de la Touraine juxtaposent avec les plaines occupées par la grande céréaliculture. Plus au sud, le Val d’Authion concentre l’essentiel de l’activité maraîchère et horticole de l’Anjou.

Au Sud-Est, le Saumurois complète cette diversité de paysage avec ses habitats troglodytiques percés par des falaises de tuffeau dominant la Loire, ses coteaux boisés et son vignoble.

Conclusion

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Carte en Relief de l’Anjou

En conclusion, l’Anjou peut être considéré comme un territoire composé de quatre grands ensembles paysagers – auxquels s’ajoute la vallée de la Loire, véritable cinquième entité naturelle – organisés autour d’un même bassin versant, celui de la Maine, dont Angers constitue le cœur.

L’identité de ces paysages est autant le fruit de la géographie que de l’histoire. Les particularités culturelles de chaque territoire se sont façonnées au fil des siècles sous l’influence des comtes et des ducs d’Anjou. La topographie explique également le développement d’Angers : située à un point de passage stratégique entre plusieurs régions, la ville s’est imposée dès l’Antiquité comme un carrefour commercial, politique et militaire.

La Loire demeure enfin l’élément naturel majeur du territoire. Véritable colonne vertébrale de l’Anjou, elle a modelé les paysages, favorisé les échanges et offert un cadre propice à l’installation des populations. Cette diversité de reliefs, de sols et de climats fait de l’Anjou une région aux paysages variés, où la douceur de vivre s’allie à une identité forte et singulière.

Aujourd’hui encore, cette richesse géographique constitue l’un des principaux atouts de l’Anjou. Entre patrimoine naturel, terres agricoles, vignobles, vallées et espaces urbains, le territoire a su préserver un équilibre qui participe à son attractivité et à la qualité de vie reconnue de ses habitants.

Bibliographie

Article écrit en septembre 2006, modifié en septembre 2021.

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