Avant de parler d'orage monocellulaire, qui est un classement sur les structures orageuses, il faut comprendre comment nait un véritable cumulonimbus, roi des nuages du haut de ses 10 kilomètres de haut (en moyenne). Tout commence avec la formation initiale du cumulus, d'abord d'espèce humilis, puis mediocris et à mesure que l'instabilité propice à son développement le fait s'élever, il devient un congestus (voir a. sur le schéma).
Lorsque le cumulus atteint la tropopause (vers 10 à 12 km d'altitude en France), il se nomme cumulonimbus, d'espèce généralement pour commencer calvus (voir b. sur le schéma). Si la convection de l'orage naissant se poursuit, ne pouvant monter plus haut en altitude (limite de la troposphère), il s'étale sur les cotés et une coiffe ressemblant à des cirrus apparaît (cappilatus) sur le haut du nuage. Enfin généralement cette chevelure prend la forme caractéristique d'une enclume (incus). C'est cette forme la plus simple du cumulonimbus cappilatus incus (voir c. sur le schéma), qui désigne véritablement un orage monocellulaire classique.
Les orages monocellulaires ne disposent que d'une seule et unique cellule convective (un seul cumulonimbus donc) et possèdent un cisaillement (voir définition paragraphe suivant) des vents généralement assez faible. Leurs durées de vie, en moyenne, varient de 30 à 60 minutes dans leur phase mûre. Ce sont les orages les plus fréquents à travers le monde, puisqu'ils peuvent se rencontrer parfois, même dans une atmosphère faiblement à moyennement instable.
Bien que le cisaillement soit d'abord une condition pour des orages plus complexes que les monocellulaires, ils arrivent pourtant dans certaines conditions, que le cisaillement puisse se rencontrer même avec des orages moins complexes. Il influence dans ce cas là également la structure de ces orages monocellulaires. En effet, il arrive aussi qu’un trop fort cisaillement de vitesse (ou directionnel comme sur le schéma ci-dessus), souffle l'enclume dans un vaste panache en rompant l'organisation interne de l'orage. C'est pourquoi même avec un fort cisaillement des vents, le cumulonimbus restera malgré tout faiblement organisé (donc monocellulaire). C'est donc bien souvent, la nature particulière du cisaillement et non sa force, qui détermine la structure de l'orage.
On orage monocellulaire classique reste généralement faible. Il est constitué d'une cellule convective unique sous forme d'un cumulonimbus isolé et se forme souvent dans un environnement sans turbulence ni cisaillement du vent (ou faible). C'est le cas-type pour étudier le fonctionnement d'un cumulonimbus. Ils ne durent généralement pas plus d'1 heure, mais peuvent causer parfois pendant ce laps de temps, tout de même de fortes averses, chutes de grêles, et de la foudre.
Un cisaillement du vent nul ou une masse d'air uniforme sans vent est nécessaire pour qu'un orage stationnaire se développe. Il est tout à fait possible que toute la masse d'air situé dans son ensemble à une échelle plus grande que le simple orage, se déplace elle-même. Stationnaire ne veut donc pas dire statique pour autant, par exemple sur une animation satellite. Une masse d'air uniforme possédant un flux dominant équilibré sans turbulence, mais dans des conditions instables localement, sera susceptible de provoquer des orages stationnaires qui se déplaceront pourtant par rapport au sol. Le cumulonimbus est un phénomène local, ainsi tout l'air situé autour de lui, même s'il possède une vitesse cinétique d'ensemble, peut adopter un comportement parfaitement immobile localement. Un orage stationnaire ne peut en revanche pas être très rapide pendant son déplacement au-dessus du sol (entre 0 et 20km/h), la moindre turbulence le déstructurant comme telle, facilement.
Comme nous l'avons vu précédemment, la mobilité de l'orage n'a pas comme référence le sol (c'est à dire, le déplacement réel), mais est bien relative au déplacement du cumulonimbus autour de lui, la masse d'air régional pouvant elle-même se déplacer pour des raisons synoptiques (= de grande échelle) autour de la Terre. On appelle aussi les orages mobiles, des orages monocellulaires possédant un cisaillement vertical des vents (mais c'était plus long à dire, et sans doute pas toujours vrai).
Plus violent qu'un orage monocellulaire classique, il se caractérise cependant, comme lui, par une cellule convective unique et isolé, mais possède un cycle de vie plus long qui se manifeste par une plus forte convection. On appelle "pulsation" ce moment d'intense convection. Cette photo a été prise depuis le Nord d'Angers, le 13 juin 2006. Les images radars démontreront qu'il s'agissait bien d'un orage à pulsation de part sa phase violente qui dura presque 40 minutes. L'orage gardera sa configuration mono-cellulaire pourtant pendant tout son périple d'à peine 1 heure à travers la région du Mans, à 80 kilomètres de là. Un très léger cisaillement de vitesse est observable sur cet photo, ainsi qu'un toit pénétrant en forme de petit pileu.
Il s'agit d'un orage monocellulaire qui possède plusieurs cycles de pulsation orageuse. Ainsi au cours de son cycle de vie, cet orage possède plusieurs phases d'ascendance-subsidence sous forme de pulsations successives.
