Aucun classement des orages multicellulaires quel qu'il soit ne sera parfait. A l'heure actuel il s'agit d'un domaine de recherche non encore abouti et sujet à modification. Les débats entre chercheurs et chasseurs d'orages pour classer les orages en différentes catégories varient et les courants de pensées également. La nature de l'orage multicellulaire y est pour beaucoup, car il n'existe pas de frontière bien définie entre un état ou un autre. Un orage naît, vit meurt, se transforme, évolue, se clone, fusionne... Il est conditionné par une multitude de paramètres microscopiques (humidité, température) comme locaux (cisaillement du vent) ou globaux (instabilité) et à différentes intensités. Chaque modification d'ingrédient donne un cocktail différent. Chaque orage est absolument unique.
Lorsque le cisaillement et l'instabilité devient modéré, il est très commun de voir un orage monocellulaire mobile se cloner en un second cumulonimbus à l'arrière, formant ainsi un orage multicellulaire classique dans sa forme la plus simple (comme on le voit sur le 1er schéma). Si l'augmentation du cisaillement et de l'instabilité se poursuit, alors il pourra même devenir peut être un orage multicellulaire à protubérances multiples (comme sur le le 2nd schéma).
Les orages en grappes font partis de la famille des orages à protubérances multicellulaires, qui fonctionnent par clonage en multiples protubérances. Cependant, les orages en grappes sont organisés en une ligne hiérarchique, conditionné par un cisaillement des vents, qui témoigne d'une "mobilité" de l'orage avec l'air situé autour. Ils commencent souvent leurs vies en tourelles convectives les unes derrières les autres et de plus en plus hautes. Lorsqu'ils prennent une configuration hiérarchique en forme d'escalier aux marches de plus en plus hautes et grosses (cumulonimbus de plus en plus mûrs), alors on commence à parler véritablement d'orage multicellulaire en grappe. Un "Orage en Grappe" pourrait donc aussi être appelé un "Orage à Protubérances Multicellulaires en Ligne Mobile Hiérarchisée", mais c'était un peu plus long à dire.
Un Orage Multicellulaire en Grappe, peut se développer à n'importe quelle intensité d'environnement convectif ambiant, y compris dans une atmosphère faiblement instable. En revanche, la présence d'un cisaillement des vents important semble être une condition primordiale pour que se développe un orage à protubérance multicellulaire (y compris "classique" d'ailleurs). Ce type d'orage ressemblent généralement dans la forme classique, à une ligne de cumulonimbus soudée en escalier du plus jeune au plus vieux, formant comme une grappe (Cluster) de raisin assez caractéristique sur une image satellite, du plus jeune cumulonimbus (à l'arrière - dans le sens du flux de propagation des cellules) au plus vieux cumulonimbus également plus large (à l'avant). La présence de plusieurs enclumes soudées les unes à cotés des autres et témoignant d'un dynamisme de clonage de cumulonimbus enfants successifs, organisée en une ligne hiérarchisée et au comportement mobile, constitue bel et bien un orage à protubérances multicellulaires en forme de grappe (ou "Cluster Multi-Cell Storm" en anglais). Bien sûr, chaque protubérance correspond à un cumulonimbus entier, mais ils sont réunis dans une même structure orageuse possédant une dynamique complexe de petite méso-échelle.
Si le courant dominant de l’orage (surtout si un cisaillement de vitesse en altitude a lieu) est assez fort, il permet un déplacement rapide des cellules naissantes en direction de ce flux. Chaque nouvelle cellule pourra arriver ainsi à maturité presque à l’emplacement de l’ancien cumulonimbus et le remplacera. Cette situation produira des orages à répétition sur la même zone, avec (comme vu précédemment) des phases calmes alternant avec des moment violents. Si l'ensemble de ces orages successifs ont une vitesse de formation verticale inférieur à leur vitesse horizontale en direction du flux dominant, alors il s'agit d'un orage multicellulaire en ligne d'escalier tout à fait classique. Ce type d'orage multicellulaire à protubérances multiples est assez fréquent, car ne demande qu'une EPCD faible, et témoigne d'un développement convectif arrière moins rapide que le déplacement des orages vers l'avant. Tout l'orage multicellulaire se déplace donc généralement dans la même direction. Ce type de propagation en ligne d'escalier hiérarchisée ressemble beaucoup dans le fonctionnement, mais en beaucoup plus grand, à un orage monocellulaire classique mobile, l'un dérivant de l'autre très souvent au départ.
Tous les orages multicellulaires à protubérances multiples dits de "formation arrière" possèdent une propagation rétrograde, c'est à dire qu'ils se propagent vers le sens inverse d'un orage à propagation en escalier classique. Les orages rétrogrades (ou "à formation arrière", cela veut dire la même chose) se déplacent donc de la cellule la plus vieille vers la cellule la plus jeune (comme sur le schéma ci-dessus). Pour un observateur, ces orages donnent l'impression de se rapprocher de plus en plus de nous, alors qu'ils devraient normalement s'éloigner de nous s'ils suivaient les vents dominants et donc le sens de leur cycle de vie. Ce type d'orage multicellulaire témoigne généralement d'un cisaillement de vitesse global assez faible, rendant possible aux cellules naissantes de remonter au flux. Le courant de basse-couche est aussi relativement plus puissant et converge avec plus de force sur ce type d'orage. C'est pourquoi les orages rétrogrades sont aussi généralement plus violents que les orages en escalier classiques.